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 La religiosité... et celles qui ont bon dos

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Xavier

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Date d'inscription : 07/08/2006

MessageSujet: La religiosité... et celles qui ont bon dos   Mar 29 Aoû - 2:37

Salut !

Un individu n'est pas l'univers. Un prêtre n'est pas l'Église. Un médecin n'est pas la Médecine, un feu de bois n'est pas une étoile.

Alors, pourquoi veut-on qu'une mère soit l'infini ?

Xavier
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Diane

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Date d'inscription : 07/08/2006

MessageSujet: La déesse sur le trône   Mar 29 Aoû - 4:34

Bonjour toi Smile

Si on en croit la psychologie et la vie quotidienne, la mère occupe une place de choix dans la gestation des névroses. Elle trône dans le fameux complexe d'Oedipe chez les garçons, et dans les identifications à leur mère que font les filles.

Du même coup, le fantôme maternel rôde partout, notamment dans les attitudes des garçons et des filles envers la Femme.

Bref, la mère se retrouve en tous âges, omniprésents et omnipuissants, pétrissant tous les inconscients sans aucune exception, et chargée de toutes les amours, de tous les péchés, de toutes les responsabilités et, par conséquent, de tous les manques et de toutes les erreurs.

Le pire est qu'on considère tout cela à sens unique, alors qu'il n'y a jamais de sens unique sur les routes humaines. Il y a toujours autant de facteurs qu'il y a d'être humaines dans une situation donnée.

Neuf fois sur dix, au lieu de dire : « C'est par la faute de ma mère », on devrait traduire : « c'est à cause de la réaction que j'ai eue face à ma mère ». Et on pourrait poursuivre :

« C'est à cause de moi autant que d'elle; ma réaction ayant été autre, tout l'aurait été. Dès ma naissance, je portais en moi les germes de mes réactions, et il inutile d'accuser qui que ce soit, ni moi-même, ni l'autre ».

Ce qui n'est pas du tout la même chose, et remet les causes à leur juste place, ici et ailleurs.

Car le plus fort est que, le plus souvent, la mère n'y est pour rien, ou pour fort peu.

Mais il est vrai également qu'une mère ayant eu un enfant, fait inconsciemment tout pour le garder, l'empêcher de grandir, voire pour le reprendre en elle. Devant ce genre de choses, on n'est pas loin de considérer ce comportement comme « monstrueux ». Ce sont alors les expressions classiques : mère abusive, mère engluâtes, mère goulue, et autres termes qui décrivent les choses à l'envers.

Car il faut tout de même comprendre qu'une mère, séparée de son enfant, est « castrée » de celui-ci. Cet enfant (« chair de ma chair » dit la parole habituelle...) est son double, sa ressemblance. Son enfant est son miroir. Pour une mère, avoir un enfant signifie posséder un être qui lui ressemble, et qui lui donne, ceci n'est pas exagéré, une sensation d'appartenance universelle. Alors, que peut-elle faire, sinon « se sacrifier » pour accepter et intégrer cette énorme castration? Mais, malgré tout, on l'accable. Tant il est vrai qu'on n'est satisfait qu'en dénichant des boucs émissaires, trop pressés que l'on est d'endosser les fautes à n'importe qui, sauf à soi-même.

Et cependant, la mère la plus parfaite, la plus équilibrée, la plus attentive, serait tout de même la cause involontaire du grand Complexe de base...

Nous avons tous interposé une loupe entre les rayons du soleil et un morceau de papier, jusqu'à embrasement et destruction de celui-ci. La morale de l'histoire est que rien ni personne ne pourrait supporter la focalisation de l'énorme chaleur solaire, et que croire le contraire serait une grande illusion. Et cependant....

Il est banal de dire qu'un enfant est habité par une sensation d'infini. Sa « religiosité » est à son maximum. Les antennes de sa sensation sont largement déployées. Son corps est un récepteur qui le relie à tout ce qui l'entoure. Un personnage concret, la mère, est sur la route de l'enfant. C'est un personnage omniprésent par la force même des choses (soin, apprentissage de la vie). Tout se passe alors comme si l'enfant « focalisait » sur sa mère cette sensation d'infini qui le possède.

Mais pas plus que nous ne supporterions le soleil sous une énorme loupe, un être humain ne peut supporter cette focalisation d'infini. Or l'enfant exige inconsciemment que sa mère corresponde à l'image symbolique de la « Grande Mère » qu'il porte en lui. Toute l'énergie d'un puissant symbole est concentrée sur une seule femme. Et l'image de la mère personnelle fait comme le papier de tout à l'heure : elle brûle et se détruit. La comparaison entre le symbole et un personnage concret provoque une cassure. La religiosité de l'enfant se heurte à la réalité humaine. Le complexe de base fait son apparition. Ce sera le « complexe d'Oedipe » chez le garçon, jamais assouvi, jamais satisfait. Durant toute sa vie, il cherchera une femme qui corresponde pour lui à l'infini, et qui pourrait lui redonner cette impression de lien avec le cosmos. Mais las...

Chez la fille? C'est le même jeu. Toute sa vie, elle recherchera une « mère idéale », dans un climat teinté (ou non) de sexualité. Elle cherchera à s'unir à la « Grande Matrice », censée redorer le blason de l'infini.

Elle pourra fort bien projeter cette sensation sur un homme (son marie par exemple), à qui elle demandera inconsciemment de se comporter comme une mère sécurisante.

Et ce qui est vrai pour l'enfance, l'est également ici pour l'adolescence, époque de religiosité métaphysique. Ici encore la réalité ne correspond jamais à la fiction: aucune mère au monde ne peut supporter la focalisation d'une sensation cosmique.

Diane
Coeur rose
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