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 Le temps qui passe...

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Diane

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Localisation : Montréal
Date d'inscription : 07/08/2006

MessageSujet: Le temps qui passe...   Mar 15 Aoû - 21:51

Bonjour à vous,

Suite a une conversation que j'ai eue dimanche soir dernier avec un ami sur le temps, j'ai envie de vous partagez une partie ma vision que je lui est partagé. Ce poste pourrait faire suite à l'espace et le temps dans le quel beaucoup de choses peuvent être encore développer. Afin d'isoler le temps j'ai donc choisi de le placé dans cette section.

Omniprésent et inexorable, le « temps qui passe » détermine insidieusement toutes les activités humaines. Il est cause de souffrances et d'angoisses, devant l'inexistante pérennité des choses. C'est à cause de lui qu'ont lieu tant de recherches sur la vie, à travers la morale ou la philosophie. Les découvertes médicales sont des courses contre la mort; la plupart des religions ou secte deviennent des assurances d'éternité.

Car ce besoin d'éternité règne sur le coeur des humaines; besoin de ne jamais mourir, d'être invincible; d'être un héros qui se dépasse : car les héros meurent-ils?

Besoin également, et combien quotidien, de laisser des traces que l'on espère durables : grâce à une oeuvre, une idée, des enfants...

Qui a dit : « Vieillir est, hélas, le seul moyen que l'on ait trouvé pour vivre longtemps »?

La terrible entropie rôde. Quelle que soit l'intelligence d'un individu, quelle que soit l'accumulation progressive de ses connaissances, qu'il devienne même génial à 90 ans, le Second Principe de la Thermodynamique aura le dernier mot; ce sera la dégradation physique jusqu'à l'entropie maximum : la mort.

Ceci intéresse la psychologie et l'éducation, ne serait-ce qu'à travers les slogans habituels : « gagner du temps; », etc. Et des premières questions se posent : peut-on prolonger la vie? La mort est-elle inéluctable?

Nous le savons : toute circonstance ayant eu lieu ne se représentera plus jamais. Tout, pour nous, est irréversible.

Les gens disent qu'on ne peut retrouver ni son passé, nis sa jeunesse. En réalité, on ne peut jamais retrouver quoi que ce soit. Il est impossible de retourner en arrière. Malgré les apparences, on ne peut jamais répéter un comportement ou une erreur; le corps a changé, l'esprit également.

Il n'existe jamais deux circonstances semblables. On ne peut jamais « rattraper » une parole, une action, une pensée. Ce qui est fait est fait, ce qui est dit est dit, sans le moindre espoir de retour. Ce qui est inscrit en nous ne pourra jamais s'effacer ou même se corriger.

Nous sommes poussés dans une direction précise : du passé vers l'avenir. Il n'y a jamais d'arrêt, ni de repos, ni de recul.

Tout cela donne déjà une énorme importance à tout ce que l'on fait et tout ce que l'on dit. On dit : « je réparerai ce que j'ai commis ». Mais on ne répare jamais rien; ce qui est gravé en nous l'est pour toujours, et de manière irréversible.

Voici un même avion avec un même pilote. Cet avion s'entraîne à atterrir et décoller, passe et repasse au même endroit au-dessus de nous. En fait, ce n'est jamais le même avion : il a subi de l'usure. Ce n'est jamais le même pilot : il a vieilli à chaque passage. Ce n'est jamais le même endroit : la terre a tourné. Et nous-mêmes, observateurs, avons changé également. Ainsi, est unique chacun des passages de l'avion et de son pilote, qui disparaissent à jamais dans le « passé », ainsi que nous-mêmes...

La sensation de l'irréversibilité permet une prise de conscience beaucoup plus large de l'existence. Chaque seconde est importante, qui doit disparaître à jamais, tout en demeurant gravée dans nos mémoires. Il est capital de ressentir qu'une « même occasion », ou une chance, ne se représente jamais. Aucune sensation ne dure; et si l'amour est hors du temps, les amours humaines varient, dévorées à chaque seconde par l'irréversibilité; et elles renaissent si elles le peuvent.

La notion d'habitude est également un leurre; nous changeons, et les choses changent également. On sent ainsi que le temps compte. Il exige qu'on le respecte, et qu'on soit digne de lui.

On dit que le temps ne respecte pour sa part rien. Mais c'est plutôt nous qui ne respectons pas le temps.

De toute façon, le temps ne respecte jamais ce qui est fait sans lui. Les oeuvres durables sont celles qui a tenu compte du temps passé à les accomplir. Car elles seront, à leur tour, respectée par le temps qui passera.

« Prendre son temps » est une parole profonde. Brûler les étapes est une illusion. On ne peut jamais supprimer des tranches de temps. Si on « brûle des étapes », on peut être sûr qu'elle nous attendra un jour au tournant. Beaucoup de gens par exemple « sautent » leur adolescence. Ils passent brusquement d'un rôle enfantin à un rôle d'adulte. Mais il est évident que leur corps a suivi le cours du temps; aucun morceau du temps n'a pu se détacher d'eux. Leur adolescence est enfouie en eux; elle est en attente quelque part. Et cette adolescence « ressortira » au moment où on l'attend le moins; généralement vers 40/50 ans, avec les comportements absurdes que cela suppose.

Les primitifs travaillaient « dans le temps », couche après couche, avec d'importants délais de séchage. Ils préparaient la matière avec amour. Et leurs oeuvres durent à travers les siècles, aussi lumineuses et profondes qu'au premier jour.

En regard, plaçons les impressionnistes (ce n'est nullement une notion de valeur en soi). La technique était rapide, imprudente, ne tenant compte ni du temps, ni de la matière. Les oeuvres ont très mal vieilli. On ne les reconnaît plus. Grise et morne d'aspect, la pâte est devenue friable; elle a perdu sa lumière originelle, et menace de se détacher au moindre heurt. Le remède : on a dû vernir certaines peintures. Ce qui est à l'opposé de la sensation impressionniste!

La morale de l'histoire? Les impressionnistes voulaient éviter le vernis, mais s’en faire le nécessaire face au temps. Ce même vernis, apposé par d'autres, les a « attendus au tournant », détruisant du même coup leur conception de la peinture.

Il faut respecter la continuité du temps. Peut-on imaginer un adjudant qui soit brusquement nommé général, à cause (par exemple) de sa compétence? Il lui manquera toujours les rapports avec les choses et les gens, rapports qu'il aurait acquis s'il n'avait pas brûlé les étapes. Il sera nanti d'une psychologie « tronquée ».

Ceux qui savent le temps, après la peinture l'alchimie servira de second exemple. Que fait un alchimiste? Il poursuit la « Pierre philosophale »; en même temps, il recherche sa propre transformation. Ses très longs travaux représentent un cheminement vers la transmutation de son esprit. Ce qui nous intéresse ici c'est l'attente de l'alchimiste. Il a passé des années à étudier d'innombrables textes. Il l'a fait avec patience et humilité. Il entreprend ensuite ses travaux proprement dits. Durant des mois et des années, il broie, malaxe, chauffe, dissout, calcine, réchauffe, et cela, des milliers de fois, avec une patience « sacrée ». On dit qu'il recommence mille et mille fois la "même! opération. En réalité, il s'agit chaque fois d'une opération nouvelle et différente; tout est irréversible, aucune action ne peut être deux voir semblables.

La transformation intérieure de l'alchimiste est tout aussi importante que la transmutation en or de la matière. Cela amenant ceci : l'alchimiste pourrait fort bien employer un moyen moderne, tel un four à induction (au moyen d'un champ magnétique, le mélange est suspendu dans le vide, hors de tout contact avec les parois). Il pourrait ainsi, en un temps extrêmement court, opérer ses manipulations. Mais il manquerait sans doute un élément essentiel : le TEMPS, c'est-à-dire l'inspensable transformation intérieur de l'opérateur (rappelons-nous à quel point est importante la "symbiose" entre la matière et l'alchimiste).

Imaginons d'ailleurs qu'un alchimiste, découvrant « l'élixir de longue vie », prolonge ainsi son existence, mais sans avoir changé intérieurement? Ne peut-on croire, dans ce cas, que la prolongation de sa vie serait pour lui une malédiction?

Ainsi donc, savoir attendre que "quelque chose se passe". Mais faire en sorte que cela "arrive". Il s'agit d'une passivité extrêmement active, qui exige une vue panoramique des circonstances.

Diane
Coeur rose
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Xavier

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MessageSujet: Re: Le temps qui passe...   Ven 18 Aoû - 4:40

Salut!

Il faut se dire que tout a un sens. Toutes les choses qui arrivent ont un sens; sinon elles n'arriveraient pas. Il est évidemment fort difficile de trouver le sens de certaines séquences : maladie, mort, misère intérieure. Il est même impossible d'en trouver le sens si on isole ces circonstances des autres. Ici encore, il faut tenter de ressentir la vie dans son ensemble, et essayez d'y intégrer toutes les circonstances possibles. Intégré dans le sens réellement mathématique du terme.

Certains dictons populaires tentent maladroitement de traduire cette équilibration des choses. L'un dit que « l'on récolte ce qu'on a semé ». C'est vrai, puisque tout converge vers tout. Mais on récolte aussi ce que d'autres ont semé. Et une question se pose : jusqu'où remonte notre hérédité? De quoi sommes-nous faits et formés?

Il est peut-être bon de reproduire ici en dehors même de toute acception religieuse, la splendeur d'un passage de l'Ecclésiaste, qui chante ce balancement infini entre les événements et qui, au-delà des apparences envisage la globalité des choses...

Il y a le moment pour tout,
et un temps pour tout faire sous le ciel;

un temps pour enfanter
et un temps pour mourir;

un temps pour planté
et un temps pour arracher les plants;

un temps pour tuer
et un temps pour guérir;

un temps pour détruire
et un temps pour bâtir;

un temps pour pleurer
et un temps pour rire;

un temps pour gémir
et un temps pour danser;

un temps pour lancer des pierres
et un temps pour en ramasser;

un temps pour chercher
et un temps pour prendre;

un temps pour gardé
et un temps pour jeter;

un temps pour déchirer
et un temps pour coudre;

un temps pour parlé
et un temps pour se taire;

un temps pour aimé
et un temps pour haïr;

un temps pour la guerre
et un temps pour la paix.

Je regarde le métier que Dieu donne aux hommes. Tout ce qu'il fait convient à son heure, mais il leur donne à considérer l'ensemble du temps, sans qu'on puisse saisir ce que fait Dieu du début à la fin.

Un âge va, un âge vient, et la terre tient toujours; le soleil se lève, et le soleil s'en va; tous les fleuves marchent vers la mer, et la mer ne se remplit pas, et les fleuves continuent de marcher vers leurs termes...

Je serais curieux de savoir Diane, qu'elles sont tes idées sur la mort ?

Xavier
drunken
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